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Logan Lucky
USA | 2017| 1h58
Réalisation : Steven Soderbergh
Avec : Channing Tatum, Adam Driver, Daniel Craig
Version originale (anglais) sous-titrée en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Deux frères pas très futés décident de monter le casse du siècle : empocher les recettes de la plus grosse course automobile de l’année. Pour réussir, ils ont besoin du meilleur braqueur de coffre-fort du pays : Joe Bang. Le problème, c’est qu’il est en prison…


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Logan Lucky : La revanche des ploucs
par Helen Faradji




Il avait annoncé qu’il arrêtait le cinéma. Steven Soderbergh a menti, il est de retour avec Logan Lucky et c’est tant mieux.

Il l’avait dit. Fini, le cinéma. Et depuis Side Effects, sorti en 2013, il avait tenu parole, s’occupant notamment de réaliser la géniale série The Knick. Mais le plaisir de s’en payer une vraie grosse tranche sur grand écran l’a emporté. Cela ne peut être que ça. Car voir Logan Lucky, c’est forcément constater le plaisir qu’a eu Soderbergh à organiser les mille et un rebondissements de ce récit de braquage (signé Rebecca Blunt, dont plusieurs soupçonnent qu’il s’agit d’un autre pseudonyme choisi par l’éclectique cinéaste, en plus de ceux qu’il utilise pour le montage et la direction photo). Le bonheur visible qu’il a eu à observer ce champ de courses Nascar devenir l’objet de convoitise d’une bande de bras cassés sudistes assez hilarante : Jimmy, qui vient de perdre son emploi, son frère barman à qui il manque un bras, sa sœur, coiffeuse, un détenu pyromane et les deux frères limités de ce dernier.

Une comédie, Logan Lucky? Oui, et ouvertement en plus. Mais une comédie aux jolis accents méta, puisque Soderbergh y revisite sa propre série des Ocean, en version plouc, courses de voitures et concours de « mini-miss », tout en y citant aussi son Magic Mike (la masculinité prolétaire). Et puis une comédie qui lorgne encore ouvertement du côté des maîtres du genre « les zéros essaient d’être criminels » : les frères Coen. Car, comme chez les papas de Fargo, Logan Lucky n’hésite pas à cacher sous son intrigue palpitante un joli petit discours en forme de revanche de l’Amérique des laissés-pour-compte, des losers, des niais, pourtant jamais aussi bêtes que ceux qui ont « réussi » selon les bons vieux standards du rêve américain.

Évidemment, pour que la sauce épaississe, il fallait des acteurs prêts à tout, sans que jamais rien ne semble forcé. Accents traînants du Sud, physiques improbables, gaucherie émotive, mais professionnalisme criminel : Channing Tatum, Adam Driver, Riley Keough, Katie Holmes et surtout Daniel Craig (qui fait exploser son potentiel comique) sont absolument au rendez-vous, réussissant même à trouver cet étrange équilibre qui leur permet exagération, drôlerie et même émotion sans jamais tomber dans la caricature. Forcément, un cinéaste vieux singe à qui l’on n’apprend plus à faire la grimace, des acteurs ravis d’être là, un récit mené sans temps mort, un humour jamais entièrement premier degré : le plaisir de Soderbergh est vite communicatif. Et au cinéma, comme dans la vie, c’est encore ce qui compte le plus.

http://www.bande-a-part.fr/cinema/critique/magazine-de-cinema-logan-lucky-steven-soderbergh/

Bande à Part
Logan Lucky
par Louis Guichard




Il n’y a plus rien de vaniteux, enfin, dans le cinéma de ­Steven Soderbergh. Lui qui reste le plus jeune lauréat de la Palme d’or (obtenue à 26 ans, pour Sexe, mensonges et vidéo, en 1989) a souvent donné l’impression de dominer son sujet, presque trop. Ses grandes facilités laissaient un glacis de satisfaction cool sur des films enchaînés à toute vitesse. Après d’improbables adieux au cinéma, il y a quatre ans, et une reconversion remarquable dans la série (The Knick, avec Clive Owen, sur les débuts de la chirurgie), voici ­Soderbergh changé en mieux : toujours virtuose et joueur, mais avec l’empathie et l’élégance morale en plus.

Un signe évident de changement est la catégorie sociale des héros de ce nouveau film de braquage. Fini les gangsters en costume cintré de Las Vegas, professionnels, comme dans Ocean’s Eleven (avec George Clooney) et ses deux suites. Cette fois, ils sont des amateurs, des estropiés, des mal-logés de l’Amérique profonde — la ­Virginie-Occcidentale. Le grand frère Logan (Channing Tatum, la montagne de muscles de Magic Mike, du même Soderbergh) est un ouvrier entravé par son genou endommagé. Le cadet (Adam Driver, la montagne de mus­cles la plus à la mode), barman, a perdu une main en combattant au ­Moyen-Orient. L’idée de s’emparer des recettes d’une course automobile par les tubes pneumatiques souterrains qui véhiculent les billets verts vient de l’aîné, écarté d’un chantier environnant.

C’est surtout le regard posé sur ce monde prolétaire, où l’on soutient probablement Donald Trump, qui séduit. Les personnages, fournis clés en main par une scénariste débutante, originaire de la région, le cinéaste les adopte avec une franche fraternité, en sachant les rendre beaux et proches. Naguère, dans son film méconnu Bubble, il filmait à peu près les mêmes gens, mais comme des Martiens. Cette fois, il manifeste autant de tendresse que d’amusement pour la sous-culture populaire et son folklore, des concours de Miss pour fillettes aux kermesses, avec jets de lunettes de toilettes, en passant par l’interprétation excessivement country de l’hymne local avant la course automobile.

On retrouve, en revanche, son habituel brio dans la mise en scène du casse et de ses suites en trompe-l’œil. Plus un adjuvant comique : le matériel des braqueurs est fabriqué à très bas coût. Des cafards ornés de vernis à ongle sont utilisés. Du faux sel, de la javel et des nounours en gélatine composent l’explosif. Un gag extraordinaire, emblématique de ce bricolage, et qu’il faut taire ici, ponctue les opérations. Pour les amateurs de mise en abyme, ce système D renvoie à l’ambition et aux nouvelles méthodes du cinéaste : produire et diffuser le film sans la moindre intervention des grands studios, mais en égalant leur force de frappe (même si la réalité des chiffres est venue contrarier cet élan).

L’espièglerie éclairée de Soderbergh imprègne aussi le choix des acteurs. Daniel Craig (toujours titulaire du rôle de James Bond) amuse en prisonnier aux cheveux jaune canari, expert ramolli du braquage de coffres-forts. Mais deux personnages féminins témoignent plus encore, d’une science absolue du casting. Katie Holmes, connue dans le monde entier comme la dernière épouse, divorcée, de Tom Cruise, joue ainsi l’ex du héros, trouvant l’équilibre entre l’acrimonie et la douceur. Surtout, le dernier mouvement du film repose en grande partie sur les épaules carrées de Hilary Swank (jadis jeune boxeuse de Million Dollar Baby), qui apparaît tardivement, en enquêtrice coriace du FBI. Sa fébrilité extrême, mystérieuse, relance la donne, et sa présence apporte, à point nommé, le seul ingrédient qui manquait : l’ambiguïté.

http://www.telerama.fr/cinema/films/logan-lucky,515219,critique.php

Télérama
5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,80 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 6€ / 12 places : 5,25€
Tarif - 14ans : 4,50€