X

Petit lexique d'accessibilités

PMR :
Personne à Mobilité Réduite

Sous-Titres SME :
Films sous-titrés en français avec sous-titres supplémentaires décrivant l'environnement sonore à l'intention des spectateurs malentendants.

AD :
Film diffusé en Audio-Description. Ce dispositif permet aux spectateurs non-voyants d'utiliser un récepteur muni d'un casque afin d'entendre des commentaires à propos de l'environnement visuel de l'action. Nous recommandons à nos amis non-voyants de venir avec leur casque personnel muni d'une fiche mini jack standard. Ce dispositif est non audible par les spectateurs n'utilisant pas le système.

Vite, une toile!.. aujourd'hui...

Informations

Petit lexique accessibilité

Abonnez-vous !!!

Inscrivez-vous pour recevoir la lettre d'information du Club

Prochainement

Belinda
France | 2017| 1h47
Réalisation : Marie Dumora
Avec :
Film en français
    ----
  • mercredi 17 janvier 18:00----
  • jeudi 18 janvier 22:10----
  • vendredi 19 janvier 13:30----
  • samedi 20 janvier 18:00----
  • dimanche 21 janvier 12:30----
  • lundi 22 janvier 18:00----
  • mardi 23 janvier 13:30
  • Rencontre avec la réalisatrice l e12 janvier à 20h15
    Pour connaitre les accessibilités en fauteuil,
    cliquez sur le lien vers la grille horaire dans la colonne de gauche
    rubrique 'INFORMATIONS'
Belinda a 9 ans. Elle aime la neige, la glace pour glisser, plus encore sa sœur avec qui elle vit en foyer. On les sépare.
Belinda a 15 ans. Pas du genre à vouloir travailler dans un magasin de chaussures, en mécanique à la rigueur.
Belinda a 23 ans, elle aime de toutes ses forces Thierry, ses yeux bleus, son accent des Vosges. Elle veut se marier pour n’en être jamais séparée. Coûte que coûte.



Imprimer la fiche film

EVENEMENT :
Ciné-Rencontre : BELINDA
Date de l'événement : 2018-01-12
La critique de Libération
par Jérémy Piette

«Belinda», jeunesse ambulante Dans ce documentaire, Marie Dumora épouse, sans filtre, la trajectoire d’une jeune femme à trois âges de sa vie déracinée. Belinda est filmée sans forceps, bons sentiments ou pitié mal placée. A l’arrière d’une voiture sillonnant les routes alsaciennes en 2001, deux petites filles agitent chacune un mouchoir d’un vert opalin. Belinda et Sabrina sont deux sœurs - l’une a 9 ans, l’autre 10 - séparées de leurs parents qui ne peuvent les élever, arrachées aussi au foyer où elles vivaient jusque-là ensemble. Comme son titre l’indique, Belinda, documentaire réalisé par Marie Dumora, suivra la plus jeune des deux filles, allant et venant pour la cueillir à trois âges de sa vie. La cinéaste française trace spontanément son chemin depuis vingt ans en documentant le quotidien d’une poignée d’habitants de l’Est de la France, issus de communautés souvent oubliées ailleurs, ou alors montrées seulement sous un jour stigmatisant (Strip-Tease, etc.). Son premier long métrage, Tu n’es pas un ange, en 2000, se penchait sur le cas d’adultes qui, abandonnés à la naissance, cherchaient à retrouver leurs origines. Elle y croisa le chemin de Belinda et de sa sœur, qu’elle suivit déjà dans Avec ou sans toi en 2002. Sa fidélité à ses personnages la conduit à rester comme aimantée à une figure d’un film précédent pour mieux la laisser lui tracer la voie du suivant, de l’exploration d’un territoire manouche (la Place, 2011) ou à celle de ses dynasties musiciennes (Forbach Forever, 2014). Veilleur. Quand Belinda a 15 ans, elle explique au téléphone à M. Gersheimer - cet homme qui a veillé à son suivi en foyer (et en dehors) - qu’elle veut faire de la mécanique, pas vendre des chaussures. «Sinon, monsieur, vous, ça va ?» enchaîne-t-elle, et Dumora de ne pas couper ce moment de réciprocité des affects. M. Gersheimer ne se voit pas, il s’entend. Voix vive hors-champ ou téléphonique, il est le veilleur présent qui n’a pas besoin d’être montré ostensiblement. «Vous êtes comme un père pour moi.» Belinda donne la note, cela suffit amplement. Marie Dumora forge humblement son cinéma tel un circuit libre, ouvert sur l’instinctif : sans forceps, larmes, bons sentiments ou pitié mal placée, sans filtre non plus qui viendrait polir les paroles et accents du coin. Mais cette modestie n’induit aucune mollesse. Rencontrée lors du dernier Festival de Cannes, elle évoquait à Libération sa caméra lourde, à l’épaule, ajoutant : «Je ne change jamais de focale, je m’approche physiquement des gens.» Le récit s’écrit chronologiquement, à une très douce exception finale près, et à la pointe d’un scalpel affûté, jonglant entre longs plans-séquences et ellipses radicales. Belinda grandit, retrouve le géniteur qui l’avait abandonnée, loge avec lui. Elle aime Thierry, qu’elle veut épouser. Portés par les lumières de fête foraine, les deux amoureux se promettent de quitter au bout d’un, puis deux jeux, ce lieu où ils pouvaient oublier un instant leurs soucis. Les «puis» se multiplient. On les retrouve statiques près d’une grille à l’extérieur, ruinés et conscients de l’excès, dans cet interstice où il n’est pas encore temps de rentrer chez soi. Trop tôt, trop dur. Dumora capte patiemment, confidente silencieuse, cet instant qui paraît comme une chute de la séquence à laquelle on vient d’assister, un excédent ramassant plus intensément la vérité de ce qui précède. Puis un autre contretemps retardera leur mariage - ils vont en prison. A Gersheimer, elle avouera à demi-mot : «J’ai fait des conneries.» Mais l’homme, à l’image de la cinéaste, ne court pas, bélier au poing, vers les zones d’ombres et les raisons. Il attend que l’explication remonte d’elle-même à la surface, comme l’empathie du film se déploie d’elle-même, sans effraction. Cuillères. A quelques minutes de la fin, les origines yéniches de Belinda se trouvent effleurées au détour d’une photo noir et blanc accrochée au mur. Une communauté composite, objet, pendant la guerre, de persécutions et de déportations dans les camps, dont l’héritage rattrape le père de Belinda, qui jouera alors un air traditionnel avec deux cuillères contre la table de la cuisine. La scène est très belle, en ce qu’elle recueille, d’un personnage dont on n’attendait pas pareille saillie, une révélation tonitruante sur la famille et son passé sous la forme d’un pur réflexe atavique, contemplé dans son semblant de banalité sans rien essentialiser de ce qui s’y dit. Car même là, on ne s’attarde pas, on entend une espèce de «tout ça part de là», entraîné par Belinda qui se recoiffe et se concentre sur ce qui ira. Jérémy Piette

http://next.liberation.fr/cinema/2018/01/09/belinda-jeunesse-ambulante_1621315

liberation.fr
5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,60 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 5,80€ / 12 places : 5€
Tarif - 14ans : 4,50€