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Vers la lumière
Japon | 2017| 1h43
Réalisation : Naomi Kawase
Avec : Masatoshi Nagase, Ayame Misaki, Tatsuya Fuji
Version originale (japonais) sous-titrée en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Misako passe son temps à décrire les objets, les sentiments et le monde qui l’entoure. Son métier d’audiodescripteur de films, c’est toute sa vie. Lors d’une projection, elle rencontre Masaya, un photographe au caractère affirmé dont la vue se détériore irrémédiablement. Naissent alors des sentiments forts entre un homme qui perd la lumière et une femme qui la poursuit.


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Vers la lumière (Cannes 2017) - la critique du film
par Alexandre Jourdain




Délaissant l’esotérisme au profit d’une belle fluidité, Naomi Kawase revient avec un poème philosophique élégant. Digressions émouvantes sur la vie et la mort, interrogeant aussi le pouvoir de la fiction à l’aune du réel.

Notre avis : Naomi Kawase reprend moins le fil de la douce vacuité de Les Délices de Tokyo qu’elle ne reprend là où s’était arrêté Still the Water, fragile poème philosophique sur l’amour et la mort. Souvent, la cinéaste japonaise ne conçoit ses films autrement qu’en entrelaçant les destins de personnages amenés à se compléter pour mieux résoudre une instabilité. Cette complémentarité cathartique trouve en Vers la Lumière un écrin presque parfait. Trop torturée encore par ses conflits intérieurs pour saisir du regard l’essence du réel, Misako rencontre un photographe rompu à l’exercice dont la vue qui s’étiole s’apprête à le plonger dans l’obscurité pour toujours. L’interdépendance qui s’installe progressivement entre les deux protagonistes a beau avoir pour effet de baliser pesamment le récit, Naomi Kawase en tire une histoire d’une infinie délicatesse, distillant le sentiment amoureux avec sensualité et douceur à mesure que la lumière se meurt pour mieux renaître. Tandis que Misako doit accepter le déclin de sa grand-mère et l’imminence de son décès, Nakamori le photographe doit composer avec une autre mort plus symbolique : les ténèbres qui l’assaillent. Brouillards que seul un amour inconditionnel semble à même de dissiper.

Cet amour qu’il faut plus interpréter comme une foi indéfectible en l’existence qu’en une simple relation passionnée, la réalisatrice l’explore par le biais de miroitements. Reflets de lumières lézardant les images, de même qu’allégoriquement résurgences salvatrices du passé. Si Misako trouve en la nostalgie l’effluve qui manquait à sa sensibilité, Nakamori déjoue la stase pernicieuse de la torpeur en s’en remettant à ses souvenirs. Le tout glisse alors doucement vers une métaphysique des sentiments. Il serait facile de reprocher à la cinéaste de ne redonner vie à ses obsessions qu’avec la même rhétorique classique. Néanmoins, son scénario se double d’une vraie réflexion sur la perception du réel, et s’interroge sur la capacité du cinéma à susciter des impressions de réalité. Ainsi, par-delà l’élégie, Kawase n’hésite pas à désacraliser le pouvoir de la fiction, affirmant avec modestie que le metteur en scène ne peut finalement que s’en remettre à son existence passée et à sa sensibilité pour tenter la représentation de cette chose intangible et éthérée. Ce pouvoir de fiction, la réalisatrice la dédie à ses interprètes et à la conjonction de leurs regards. Tout cela n’est jamais qu’une histoire de lumière, à atteindre en soi - l’âme - avant d’être saisie par le regard. C’est dans cette configuration que le langage, verbal ou cinématographique, laisse la place au cœur.

https://www.avoir-alire.com/vers-la-lumiere-cannes-2017-la-critique-du-film

AvoirAlire
Vers la lumière : Critique à la merveille
par Chris Huby




La réalisatrice japonaise filme la rencontre d'une audio-descriptrice avec un photographe qui perd la vue. Pourtant habituée du festival de Cannes, et ayant remporté déjà pas mal de prix, Naomi Kawase commence à se faire connaître par le grand public suite au succès des Délices de Tokyo.

UNE RENCONTRE Vers la lumière suit la logique entamée depuis longtemps par la metteur scène : il s'agît ici encore d'une rencontre entre deux êtres marginalisés. La jeune femme termine un travail d'audio-description pour malvoyants. Sa vie se nourrit au quotidien d'un imaginaire riche et d'un immense sens de la curiosité sur les petites choses et détails. Sa mère vieillissante vit dans une montagne loin des tumultes de la ville, tandis que son père a depuis longtemps disparu. De ce dernier, il ne lui reste que les souvenirs d'une belle enfance ensoleillée, juchée sur le sommet de collines rassurantes.

Le héros masculin quant à lui est défini par une amblyopie, une maladie rare atteignant la vue, qui a fini par l'handicaper définitivement non seulement dans son activité mais aussi dans son intimité. Maudit par cette infirmité, il se retrouve seul. Rempli de regrets quant aux personnes et objets qu'il ne verra bientôt plus, il est presque au bout du rouleau. Son ex-femme s'est par ailleurs déjà remariée, le laissant seul dans son problème.

TÉNÈBRES LUMINEUSES Le symbolisme de Naomi Kawase relativement présent dans son cinéma éclate ici au grand jour. Ce qui relie les deux personnages est donc cette lumière omniprésente que le soleil projette au travers de leurs souvenirs. La petite fille admirait les couchers de soleil avec son père tandis que le photographe sublimait ses prises de vue en immortalisant certains paysages au crépuscule. La jeune femme finit par remarquer son travail en parcourant son livre de photos. Leur rencontre se fait autour d'un film qui est en pleine production et dont le héros martèle que tout finit par s'échapper et que l'on a du mal à s'en remettre.

Le noir définitif que le photographe va finir par vivre se représente comme un tout englobant, la fin des instants de vie, y compris des souvenirs. Il en a peur. Plus le métrage avance, plus il perd la vue. Ce passage inéluctable s'oppose à l'envie des deux héros de retrouver le soleil du bonheur, celui qui a fourni une part nourricière de leur existence.

Le shéma du héros se veut dès lors fortement mélancolique et dessine une sombre amertume apparue à la suite de sa séparation. Quelque chose s'est brisé en lui et il ne voit plus rien comme avant. N'arrivant pas à se remettre, le monde tel qu'il l'aimait finit logiquement par disparaître. Il lui faudra l'attention de la jeune femme pour commencer à ressentir à nouveau une présence ensoleillée et une solution.

LE SOLEIL DE MA VIE

Le film est d'une grande sensibilité et d'une belle facture formelle. Kawase continue à oeuvrer dans un sens poétique, c'est une réalisatrice proche de la nature et qui s'obstine à y méler ses personnages qui ne s'en sont jamais vraiment détachés. La tradition japonaise naturaliste que Kawase reprend à son compte dans ses films est tout autant une philosophie qui s'installe durablement dans son oeuvre.

De fait, quels que soient les drames qui se jouent sur cette Terre, nous revenons toujours à la nature primitive, aussi mystérieuse soit-elle, puisqu'elle continue de nous parler au travers de notre expérience et de nous nourrir. Ayame Misaki et Masatoshi Nagase soutiennent cette idée de fond de manière irréprochable, le ton est juste et ils sont parfaitement aidés par des choix de cadre intelligents qui mettent les traits de caractères en avant. Au-delà d'un film, il s'agît d'une vraie peinture, fabriquée toute en douceur.

https://www.ecranlarge.com/films/critique/1009775-vers-la-lumiere-critique-a-la-merveille

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Tarif - 14ans : 4,50€