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Petit lexique d'accessibilités

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Blade Runner 2049
USA | 2017|
Réalisation : Denis Villeneuve
Avec : Ryan Gosling, Harrison Ford, Ana de Armas
Version originale (anglais) sous-titrée en français
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  • mercredi 24 janvier 21:00----
  • samedi 27 janvier 13:30----
  • mardi 30 janvier 20:30
  • Pour connaitre les accessibilités en fauteuil,
    cliquez sur le lien vers la grille horaire dans la colonne de gauche
    rubrique 'INFORMATIONS'
Suite de Blade Runner se déroulant plusieurs années après le film de 1982. Harrison Ford y reprend le rôle de Rick Deckard.


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Blade Runner 2049 - la critique "pour"
par Romain DUBOIS




Notre avis : Considéré par beaucoup comme le nouveau grand auteur de SF, notamment depuis son Premier Contact qui déjouait toutes les attentes pour bâtir un univers intimo-linguistique en pleine rencontre alien, Villeneuve avait tout le poids de son aîné sur les épaules. Avec la bénédiction de Ridley Scott, le réalisateur canadien avait une mission impossible à relever. Sans trahir la pensée de Philip K. Dick, il fallait à la fois faire un film pour les fans tout en étant accessible aux profanes.
Car l’édifice Blade Runner est un univers unique, parfaitement pensé dans tous ses aspects visuels, philosophiques, sociaux et source d’un imaginaire débridé qui a nourri nombre de fantasmes cinéphiles… pendant 35 ans ! De quoi développer plus de théories que de raison et surtout nourrir les craintes d’une “suite” qui détruirait encore une fois l’aura de son prédécesseur.

Bref, tout était réuni pour rendre impossible la mission confiée à un cinéaste, même aussi talentueux que Villeneuve. Une gageure dont il sort indemne et même grandi, notamment grâce au scénario dense co-écrit par Hampton Fancher, l’un des grands artisans, co-scénariste et porteur du projet du premier Blade Runner. Ridley Scott raconte d’ailleurs en interview combien il a l’impression en revoyant son film que son véritable auteur est Fancher. C’est dire l’importance de son apport sur ce nouvel essai. Car des nombreuses réécritures des scénarios d’alors est née une forme de frustration chez un Fancher, dépossédé de son bébé, et évidemment de certaines idées maîtresses de son script. Mais son conflit avec Scott à l’époque ne pouvait être que remporté par le cinéaste. Et de ce combat artistique est né cet objet sans concession à la monomanie de Scott qui voulait que l’on respecte sa vision pure et avant-gardiste.

Aujourd’hui, Villeneuve doit jouer les funambules pour respecter un lourd cahier des charges et satisfaire toutes les parties tout en y coulant son univers intime, propice à se fondre dans un marbre déjà fabriqué. Il fallait donc un moteur fort, un concept rigoureux pour replonger dans l’univers sans se répéter en faisant du bête fan service. La quête de K rejoint alors les questionnements métaphysiques entamés dans le film de 1982 pour mieux toucher à un propos universel. Tout comme le Deckard de l’époque, K va amener le spectateur vers une problématique qui le dépasse et surtout qui dépasse son simple statut d’individu. On découvre un nouveau monde, redéfini par un blackout aux allures de bug de l’an 2000, en même temps que Ryan Gosling. Un peu à la manière de Neo qui découvre la matrice, on part à la conquête de l’envers du décor en même temps que lui.

L’implication du spectateur est d’autant plus immédiate et puissante. Et pour assurer la continuité esthétique du dyptique, le récit prend tout le temps de poser ses quelques personnages (guère nombreux), de filmer ses décors à couper le souffle, de cerner tout un monde qui a pris 30 ans et a mué en même temps que la manière de fabriquer un film. 2049 dialogue ainsi constamment avec son grand frère, tout en explorant des terres vierges. Voguant au gré de ses influences littéraires (Dick évidemment mais également la Bible), de ses habits freudiens et de ses relents cyberpunk, le film fonce tête baissée vers une nouvelle quête souterraine accouchée d’une première “banale” enquête, du Blade Runner pur et dur en somme. Dans ce prolongement maîtrisé avec une maestria visuelle hors du commun par Villeneuve et son chef op” Roger Deakins (à la photo de 1984, Barton Fink, The Village, Prisoners… parmi tant d’autres), le récit respecte l’essence d’un univers préformé mais remet aussi en avant certaines thématiques du roman de Dick comme l’importance des animaux (ce mouton en origami, hommage au point de départ du roman) ou de “l’off world”... D’autres éléments nouveaux viennent parfaire le tableau comme la relation amoureuse que noue K avec sa femme de synthèse, d’un romantisme qui n’est pas sans rappeler le Her de Spike Jonze. Cette romance est l’une des sous-intrigues bouleversantes et permet de poursuivre l’étude de la définition de l’humanité et de l’âme au sein de corps de synthèse.

De l’art du détail et de l’objet en particulier, le duo Villeneuve/Fancher se fait maître. A la licorne fantasme des songes de Deckard, répond ici le cheval de bois qui apparaît en rêve avant de se matérialiser. L’obsession du passé et du souvenir, éléments fondamentaux de l’œuvre de Villeneuve et seules véritables preuves d’humanité des replicants se cristallisent ici dans un objet enfantin simple mais qui porte en lui tant de sens qu’il en devient une clé du récit. La quête première de K est encore une fois baignée de mystères et sa résolution se fait dans un labyrinthe en quasi huis-clos à ciel ouvert. L’atmosphère élégiaque est donc toujours de mise. Mais si le cœur du Blade Runner bat bien dans ce 2049, il ne faut pas s’y méprendre, Villeneuve a su respecter une autre fondation du culte : la modernité. En utilisant à bon escient le numérique, en construisant en dur au maximum les décors, le cinéaste se fait bon élève et va aussi loin que possible pour créer un décorum époustouflant avec des atmosphères visuelles qui resteront longtemps gravées sur les rétines. Pas de fonds bleus évidents ici, les effets spéciaux sont au service du récit et non l’inverse, tendance pénible des blockbusters contemporains. Et l’ambiance sonore est également une réussite totale en rendant encore une fois justice au travail de Vangelis sans l’imiter. Un art dont Villeneuve semble être maître aujourd’hui. Il a beau filmer des replicants dont on ignore s’ils sont une simple copie ou des êtres humains à part entière, concernant sa dernière réalisation, aucun doute sur le fait qu’elle ait une âme. Blade Runner 2049 n’est pas une suite, c’est un miracle.

https://www.avoir-alire.com/blade-runner-2049-la-critique-pour

AvoirAlire
Blade Runner 2049, lent et vertigineux plongeon existentiel
par Eric Libiot




Rarement l'esthétique et la mise en scène sont parvenues à procurer un plaisir à la fois conscient et inconscient. Blade Runner 2049, le choix ciné d'Éric Libiot.

Il faut écrire les choses telles qu'elles sont: Blade Runner 2049 est un immense film, un chef-d'oeuvre, allons-y gaiement, et meilleur que Blade Runner, de Ridley Scott, dont il est la suite. Si, si, je vous jure. A l'époque, il y a un polar d'anticipation adapté du roman de Philip K. Dick Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?, à l'ambiance poisseuse et pluvieuse et au récit culotté qui s'interroge sur un monde parti à vau-l'eau, dans lequel l'intelligence artificielle grignote les corps et les esprits.

Voilà aujourd'hui un lent et vertigineux plongeon existentiel, maquillé lui aussi en polar, quête et enquête mêlées, qui raconte moins le monde que les plus intimes pulsions humaines. Eh oui, il faut s'y faire, et plutôt deux fois qu'une: le film de genre, quand il parvient à marier le romanesque et les interrogations de l'époque, est ce qui se fait de mieux au cinéma.

A la fin de ce qui est désormais le premier volet d'un diptyque, Harrison Ford, flic humain (ouais, enfin, faut voir) chargé de traquer les androïdes en 2019, partait en cavale amoureuse avec Sean Young, androïde elle-même. En 2049, Ryan Gosling (jeune, mais pas mal) reprend le boulot de Harrison (vieux, mais très bien) et tombe sur un truc chelou: un humain et une androïde auraient eu un enfant -où est-il? Tout le monde panique, il faut le retrouver sinon c'est le bordel. Mais tout n'est que faux-semblant, jusque dans cette intrigue à la Raymond Chandler, comme un clin d'oeil au film de Scott, qui disait s'inspirer des polars avec Bogart.

Organique et intello, jouissif et flippant, émouvant et radical

Denis Villeneuve, arrivé à la cheville de Kubrick avec son Premier Contact, maintenant à hauteur de la cuisse et bientôt capable de le regarder dans les yeux (on prend les paris), malaxe chaque scène, l'étire et la sublime comme si sa vie en dépendait. Rarement l'esthétique (décors, musique, design...) et la mise en scène (tempo, cadre, montage...) sont parvenues à procurer un plaisir à la fois conscient (ce que l'on peut voir et qu'on devine) et inconscient (ce qui se cache et qu'on ressent); c'est d'ailleurs, double effet décoiffant, le sujet du film.

Blade Runner 2049 est organique et intello, jouissif et flippant, émouvant et radical, lente immersion en des lieux inconnus qui remue les fondements de la condition humaine, entre souvenirs enfouis et désirs secrets. Bon film, donc, pour résumer rapidement.

https://www.lexpress.fr/culture/cinema/blade-runner-2049-lent-et-vertigineux-plongeon-existentiel_1948971.html

L'Express
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Tarif - 14ans : 4,50€