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Indochine
France | 2017| 2h40
Réalisation : Régis Wargnier
Avec : Catherine Deneuve, Vincent Perez, Jean Yanne
Film en français
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    rubrique 'INFORMATIONS'
Dans l'Indochine des années trente, Eliane Devries dirige avec son père Emile une plantation d'arbres à caoutchouc. Elle a adopté Camille, une princesse annamite orpheline. Toutes les deux ne vont pas tarder à tomber amoureuses de Jean-Baptiste, un jeune officier de la marine. Au même moment, sur fond de nationalisme ambiant, sont perpétrés les premiers attentats contre les Français...

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Indochine
par Bernard Génin


C'était peut être cela, la jeunesse. Croire que le monde est fait de choses inséparables : les hommes et les femmes, les montagnes et les plaines, les humains et les dieux, l'Indochine et la France... » La voix de Catherine Deneuve s'élève. Et on la voit, en deuil, voiles noirs flottant au vent, debout dans la jonque funéraire qui transporte, côte à côte, les cercueils d'un prince et de sa femme. Eliane est une Française installée depuis toujours en Indochine. Ses meilleurs amis viennent de périr en mer. Dans sa main, elle tient fort serrée celle d'une petite Annamite de 5 ans, Camille, la fille des disparus. Eliane aussitôt décide de l'adopter. Autour de la jonque, des dizaines d'embarcations, chargées de musiciens et d'officiants en grande tenue, descendent le fleuve. L'Indochine et la France. Camille et Eliane. C'est la belle idée de ce film : nous faire suivre, pendant deux heures quarante, les destinées d'une poignée de personnages, des années 30 aux accords de Genève de 1954. Et mêler leur histoire à celle d'un pays qui se libère. Toile de fond : la montée des révoltes nationalistes et communistes, dans le futur Vietnam. Décor : les paysages exotiques de l'ancien paradis colonial français. Et, à la fin, Eliane qui perd Camille, comme la France perd l'Indochine... Le film a été écrit pour Catherine Deneuve. A l'image des premières séquences, elle en est la figure de proue. Eliane, femme riche et autoritaire, gère d'une main de fer une plantation d'arbres à caoutchouc. L'arrivée de Jean-Baptiste (Vincent Perez), bel officier de marine qui débarque un jour dans sa tenue immaculée, va changer sa vie et faire éclater les passions dans un pays déjà en ébullition. Car le parti communiste vietnamien vient d'être fondé. Les révolutionnaires commencent à s'attaquer aux mandarins, qui soutiennent le pouvoir colonial français. Dès qu'il voit Eliane, Jean-Baptiste est séduit. Elle est très belle, cette rencontre au milieu des arbres, dans la brume matinale. Et ce malaise du jeune homme, qui, devant cette femme fascinante, se met soudain à saigner du nez, pareil à un enfant bouleversé. Comme dans les grands feuilletons, la belle propriétaire terrienne hésite d'abord. Avant de succomber au charme de ce marin très romantique, qui a l'ambition de « découvrir le monde », elle lui dit : « Il est encore temps que notre histoire ne commence pas. » Dialogue de roman-photo ? Bien sûr. Indochine n'est que ça : un roman-photo. Mais un roman-photo au romanesque réussi et séduisant. Quand Régis Wargnier filme une scène de passion, Jean-Baptiste et Eliane sont dans une superbe voiture. Il tombe une pluie diluvienne. Le tonnerre gronde. Les éclairs zèbrent la nuit... L'histoire, elle aussi, s'embrase. La petite princesse annamite a grandi. Elle a maintenant 16 ans. Sa personnalité, brusquement, se révèle. Elle tombe, elle aussi, amoureuse de l'officier au visage juvénile et devient la rivale de sa mère adoptive. Elle choisit le communisme, renie son éducation française, va jusqu'au meurtre... Dans des paysages grandioses, on assiste à sa longue marche aux côtés de Jean-Baptiste. Elle l'a rejoint dans des îles perdues, où il a été exilé pour raisons disciplinaires. Lui découvre le peuple et la beauté de ce pays où il était venu en conquérant. Régis Wargnier n'a peut-être pas toujours le souffle et le lyrisme d'un David Lean. Il vient en tout cas de donner à Catherine Deneuve ­ élégante, racée, toute en douleur contenue ­ un de ses plus beaux rôles. Les personnages secondaires ­ Jean Yanne, épatant en directeur de la Sûreté, et surtout Dominique Blanc, dans un grand numéro à la Suzy Delair ­ sont remarquablement dessinés. En jonglant habilement avec les conventions du romanesque, Régis Wargnier vient de réaliser son meilleur film - Bernard Génin

http://www.telerama.fr/cinema/films/indochine,25490.php

TELERAMA
Mère et fille
par Gérard Crespo




Cette production à prestige a connu un succès international et demeure l’œuvre la plus célèbre de Régis Wargnier.

- Oscars 1993 : meilleur film étranger
- César 1993 : meilleure actrice pour Catherine Deneuve - meilleure actrice dans un second rôle pour Dominique Blanc - meilleure photo - meilleurs décors - meilleur son
- Projeté à Cannes Classics 2016

Notre avis : Succès public et critique, récompensé par plusieurs prix dont l’Oscar du meilleur film étranger et le César de la meilleure actrice pour Catherine Deneuve, Indochine est le film le plus célèbre de Régis Wargnier. Son sujet romanesque, son budget luxueux et son style classique en font aussi un prototype de cette nouvelle « qualité française » qui a marqué le cinéma des années 1980 et 90, de Fort Saganne d’Alain Corneau à Ridicule de Patrice Leconte, en passant par Camille Claudel de Bruno Nuytten. L’histoire avait tous les atouts pour toucher un vaste public, avec ce récit d’une double passion amoureuse dans un contexte historique reconstitué avec didactisme.

Éliane Devries (Catherine Deneuve) dirige une plantation de caoutchouc dans un domaine qui appartient à son père (Henri Marteau). Cette femme de pouvoir qui a appris à vivre sans amour a adopté Camille, une princesse annamite (Linh Dan Pham). Elle est l’amie de Guy Asselin (Jean Yanne), le directeur de la Sûreté qui veille sur elle avec affection. L’arrivée de Jean-Baptiste Le Guen (Vincent Perez), un jeune officier que les idéaux de grandeur empêchent de vivre, va bouleverser l’existence d’Eliane et Camille. Le talent des scénaristes est d’avoir greffé à cette trame mélodramatique l’évolution de la situation géopolitique en Indochine, de la montée du nationalisme dans les années 1930 à l’indépendance du Viêt Nam en 1954, même si l’action est concentrée autour d’une période phare de la vie des deux femmes. Le film n’a certes pas le souffle d’Autant en emporte le vent ou du Docteur Jivago dans sa dimension mélodramatique, et il manque le Bertolucci de 1900 pour en faire une véritable œuvre engagée, mais Indochine excelle à dépeindre une petite communauté coloniale inconsciente des dégâts qu’elle commet et prise au piège d’une rébellion qui la dépasse.

Le personnage d’Éliane est ici le plus fort : son drame individuel croise un conflit collectif et Catherine Deneuve est touchante dans sa composition de femme à la fois autoritaire et fragile, jalouse et protectrice, conservatrice et éclairée, retrouvant avec sa fille le même problème que Lana Turner avec Sandra Dee dans Mirage de la vie de Douglas Sirk. Même si l’actrice a trouvé ses meilleures compositions avec Demy, Truffaut, Buñuel ou Téchiné, c’est sans doute le rôle d’Éliane qui lui a apporté la consécration internationale, soulignée par une nomination à l’Oscar. Si la première heure est soignée mais peine à dépasser le cadre compassé des productions de prestige, le film devient vite captivant dans sa seconde partie, qui voit Camille prendre la fuite pour rejoindre l’homme qu’elle aime. Indochine séduit alors par son lyrisme et sa beauté picturale. L’équipe technique et artistique n’y est pas pour rien et on peut louer la partition musicale de Patrick Doyle ou les superbes prises de vue de François Catonné. Et le choix des lieux de tournage s’est avéré fructueux : Hanoï pour les paysages sauvages où Camille se réfugie, Hon Gay pour les mines de charbon, le palais de Bao Dai pour une scène de mariage. Si les acteurs asiatiques sont parfois sous-utilisés (on ne reprochera cependant pas aux producteurs d’avoir repris un schéma colonial), le casting est sans failles et une belle brochette de seconds rôles entoure les têtes d’affiche. Dominique Blanc, Carlo Brandt ou Xavier Saint-Macary sont ici les dignes héritiers des Fréhel, Le Vigan ou autres Dalio croisés naguère dans des bandes de Duvivier ou Carné. Indochine a fait l’objet d’une restauration proposée par Studiocanal. La numérisation a été effectuée à partir du négatif original par L’Immagine Ritrovata.

http://www.avoir-alire.com/indochine-la-critique-du-film-32944

AvoirAlire
5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,80 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 6€ / 12 places : 5,25€
Tarif - 14ans : 4,50€