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Petit lexique d'accessibilités

PMR :
Personne à Mobilité Réduite

Sous-Titres SME :
Films sous-titrés en français avec sous-titres supplémentaires décrivant l'environnement sonore à l'intention des spectateurs malentendants.

AD :
Film diffusé en Audio-Description. Ce dispositif permet aux spectateurs non-voyants d'utiliser un récepteur muni d'un casque afin d'entendre des commentaires à propos de l'environnement visuel de l'action. Nous recommandons à nos amis non-voyants de venir avec leur casque personnel muni d'une fiche mini jack standard. Ce dispositif est non audible par les spectateurs n'utilisant pas le système.

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Petit lexique accessibilité

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Prochainement

Finding Phong
Viet Nam | 2018| 1h32
Réalisation : Phuong Thao Tran, Swann Dubus-Mallet
Avec :
Version originale (vietnamien) sous-titrée en français
    .....
  • mardi 27 février 21:30
  • Avant-Première : vendredi 09 février 20h15 rencontre avec la réalisatrice
    Pour connaitre les accessibilités en fauteuil,
    cliquez sur le lien vers la grille horaire dans la colonne de gauche
    rubrique 'INFORMATIONS'
Interdit aux moins de 12 ans
Phong, benjamine d’une famille de six enfants, a grandi dans une petite ville au centre du Vietnam. Depuis son plus jeune âge, elle s’est toujours considérée comme une fille prise au piège dans un corps de garçon. Lorsqu’à vingt ans elle rejoint Hanoi pour entrer à l’université, elle découvre qu’elle n’est pas l’unique personne à vivre cela. Caméra au poing, Phong décide alors de vivre en accord avec elle-même et amorce une métamorphose qui l’amène à affronter les peurs de sa famille, à éprouver la valeur de ses amis, puis à découvrir, telle une adolescente, les jeux de séduction et la sexualité… Le film accompagne Phong au plus près jusqu’à son ultime décision : doit-elle subir une opération chirurgicale de réattribution sexuelle ?


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«Finding Phong», journal de bord d’une transition
par Elisabeth Franck-Dumas




Délicat et intimiste, le documentaire narre le parcours complexe d’un jeune Vietnamien pour accomplir sa réattribution sexuelle.

Le changement de sexe est l’une des grandes aventures de notre époque ; comment en rendre compte ? Avec intelligence et délicatesse si possible, comme le fait régulièrement dans nos colonnes le philosophe trans Paul B. Preciado, comme l’ont fait aussi, sans sensationnalisme, les documentaristes Swann Dubus-Mallet et Thao Tran Phuong. Contactés par leur producteur, ami d’un jeune Vietnamien, Phong, qui se vit depuis toujours comme une fille prisonnière d’un corps de garçon, ils ont, après quelques tergiversations, entamé un processus de documentation sur deux ans et à plusieurs mains, dont la binarité, qui en rappelle cette autre, est une chronique de pré-métamorphose.

Grillage
Prenant d’abord la forme d’un journal filmé par Phong, à qui ils ont prêté une caméra, Finding Phong s’ouvre sur une confession pleine de larmes, recueillie au son des claquements de feux d’artifice célébrant la nouvelle année. S’adressant à sa mère, celle-là même qui lui a donné ce corps qu’il veut «détruire», le héros confesse face caméra son immense solitude d’«avoir passé sa vie à pleurer» du désespoir d’être né garçon. La fête au-dehors est filmée à travers un grillage, et toute la première partie se déroulera sur un mode mélodramatique parfois poignant, et parfois, il faut bien l’avouer, un peu fatigant aussi. Le plaisir manifeste que Phong prend à se mettre en scène n’est pas sans excès, et les réalisateurs expliquent dans le dossier de presse leur crainte que l’ouverture fonctionne comme un «repoussoir» risquant de rendre le personnage «insupportable». Il ne l’est pas, dès lors qu’entre dans l’image un peu de hors-champ, par exemple lors d’une séquence au théâtre d’Etat à Hanoï, où Phong est fonctionnaire, et dévolu à l’entretien de marionnettes qu’il maquille soigneusement.

La caméra passe dans d’autres mains lorsque Phong fait un premier voyage en Thaïlande, pour se renseigner sur l’opération. Le film gagne alors son ampleur, sociologique, psychologique, sans que l’on ne perde rien de l’intimité avec son héros. Avec une pédagogie qui ne cache aucun des détails de la procédure, Swann Dubus-Mallet et Thao Tran Phuong enregistrent la formalité un peu expéditive du rendez-vous médical, les séances imposées avec le psy (on apprend dans le dossier de presse qu’il y en a eu d’autres, ce qui soulage car là aussi, c’est sommaire) et surtout, les discussions en famille, Phong souhaitant pour poursuivre avoir la bénédiction de sa mère.

Hésitations
Celle-ci renâcle, résumant ses réticences par cette image : «Le garçon est comme le riz, il vous nourrit chaque jour, la fille est comme le riz gluant, bien seulement en certaines occasions.» Cuisine locale mise à part, sans doute seraient-elles nombreuses à dire ici sensiblement la même chose. C’est la charge d’universel détenue dans chaque parole, parfois contredite quelques instants plus tard, c’est la bienveillance surprenante du père, les hésitations de la fratrie, qui résonnent et donnent sa richesse au film. Un regret, toutefois : que Finding Phong s’arrête avec l’opération, épilogue un peu expéditif au vu des enjeux, de la complexité de ce qui a été mis en place, de l’investissement des spectateurs. Les réalisateurs s’en sont expliqués : «Si on avait voulu filmer cette nouvelle étape de sa vie, c’est dix ans qu’il aurait fallu filmer.» Et pourquoi pas ?

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Libération
D'un journal intime à l'autre
par Clément Graminiès




A l’image de son sujet principal, le documentaire Finding Phong est un objet hybride un peu déconcertant, offrant un point de vue multiple sur le parcours de Phong, jeune Vietnamienne prisonnière de son corps de garçon et qui décide de suivre un processus de changement de sexe en Thaïlande. Débutant à la manière d’un journal intime, le film s’articule autour d’images que la jeune femme a tournées chez elle, dans son intimité : face à la caméra, elle s’épanche comme si sa mère l’écoutait pour tenter de dire combien elle souffre de cette situation depuis sa naissance et qu’elle souhaite aujourd’hui corriger ce qu’elle considère comme une anomalie pour trouver la pleine cohérence de son être. Ces premières images sont empreintes d’une indéniable souffrance : isolée, en demande éperdue d’amour et de reconnaissance, Phong fait de l’outil numérique une expérience cathartique qui lui permet de mettre des mots sur sa solitude et son besoin d’écoute. Les coréalisateurs Tran Phuong Thao et Swann Dubus se sont donc effacés pendant ces quelques mois qui correspondent à l’amorce du projet : il s’agissait de laisser toute la place à la jeune femme pour ne pas en faire un objet de curiosité ni d’étude. Étonnamment, alors qu’on aurait pu craindre que ce dispositif ne tombe dans le voyeurisme, l’impasse existentielle dans laquelle se trouve notre personnage maintient notre regard à juste distance en nous laissant simplement prendre acte du dilemme. Ce début ouvert, dans le sens où il n’indique pas clairement la direction que prendra ensuite le long-métrage, constitue donc une matière brute, un rapport immédiat au sujet qui ne force pas pour autant l’identification.

Contrechamp sociétal
Quelques mois passent et Phong sort progressivement de son état de mal-être pour s’ouvrir un peu plus à la société vietnamienne afin de lui exposer son projet de changement de sexe. Les images enregistrées ne sont plus alors contrôlées par la principale intéressée : c’est à Tran Phuong Thao et Swann Dubus que revient la responsabilité d’accompagner la jeune femme dans diverses scènes d’interaction. Cette dernière se met quasiment en retrait du dispositif, au profit d’un contrechamp saisissant sur une société au carrefour d’évolutions sociétales spectaculaires. Parce que Phong se sent continuellement vulnérable face au regard de l’autre (qu’elle défie pourtant paradoxalement en assumant totalement son choix), elle donne aux gens qui l’entourent une place prépondérante, leur laissant à loisir la possibilité de commenter, discuter, interroger ce choix de changer de genre pour apparaître définitivement aux yeux du monde en tant que femme. Riche de ces nombreuses rencontres, le montage donne à voir une variabilité de points de vue, allant de la perplexité à l’étonnement en passant par la bienveillance. Que ce soit au théâtre de marionnettes où elle travaille, dans les lieux de sociabilité où on la connaît ou bien au sein de sa famille, le film parvient à capter une énergie spontanée qui fait toute la richesse de ce projet protéiforme. Certainement pensé comme un moyen d’instaurer un dialogue pérenne avec les parents âgés de Phong qui vivent dans un petit village du Vietnam, le projet donne parfois l’impression de ne chercher qu’à mettre en exergue la tolérance insoupçonnée dont les proches peuvent faire preuve pour faire de Finding Phong l’étendard d’une cause à défendre.

Vers l’acceptation
Le film atteint sa limite lorsqu’il s’attarde sur le processus médical de transformation physique : si le fait de confronter Phong aux images d’opérations chirurgicales permet d’insister sur le courage que requiert pareil choix (en plus de devoir affronter le regard des autres), ces scènes flirtent avec le passage obligé qui pollue habituellement tous les reportages télé sur la transsexualité et satisfait le voyeurisme du spectateur. C’est que, de l’aveu même de la jeune femme et de ses coréalisateurs, le film finit par devenir au fil du tournage un combat politique au Vietnam qui dépasse le simple cas ici exposé : dans un pays où le conservatisme et l’ignorance vont encore de pair autour du thème de la transsexualité (mais s’il n’y avait que lui…), on comprend bien que l’intention du projet est aussi de faire œuvre de pédagogie, en expliquant dans les moindres détails à ceux qui ont une vision un peu trop exotique de la transsexualité le cheminement sensible qui lui est lié. Sitôt devenue la femme complète qu’elle souhaitait être, Phong continue de se soustraire au film, débutant ainsi une nouvelle vie qui n’a plus lieu d’être commentée face caméra par la principale intéressée. Si les détours sont parfois (trop) nombreux, la construction un peu tributaire de ce que chacun a à dire, Finding Phong n’est rien de moins que le récit d’une émancipation, face aux contraintes que le corps de naissance impose, mais surtout face au regard enfermant de l’autre.

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Critikat
5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,60 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 5,80€ / 12 places : 5€
Tarif - 14ans : 4,50€