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Petit lexique d'accessibilités

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3 jours à Quiberon
France, Allemangne, Autriche | 2018| 1h56
Réalisation : Emily Atef
Avec : Marie Bäumer, Birgit Minichmayr, Robert Gwisdek
Version originale (VO) sous-titrée en français
    .....
  • vendredi 22 juin 13:3015:3020:00..
  • samedi 23 juin 13:3015:3020:00..
  • dimanche 24 juin 12:3014:3019:00..
  • lundi 25 juin 13:3015:3020:00..
  • mardi 26 juin 13:3015:3020:00
  • Pour connaitre les accessibilités en fauteuil,
    cliquez sur le lien vers la grille horaire dans la colonne de gauche
    rubrique 'INFORMATIONS'
1981. Pour une interview exceptionnelle et inédite sur l'ensemble de sa carrière, Romy Schneider accepte de passer quelques jours avec le photographe Robert Lebeck et le journaliste Michael Jürgs, du magazine allemang "Stern" pendant sa cure à Quiberon. Cette rencontre va se révéler éprouvante pour la comédienne qui se livre sur ses souffrances de mère et d'actrice, mais trouve aussi dans sa relation affectueuse avec Lebeck une forme d'espoir et d'apaisement.

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3 jours à Quiberon - la critique du film
par Claudine Levanneur




Une histoire simple qui esquisse sans emphase toute l’ambivalence d’une des plus grandes actrices des années 70 aux prises avec les choses de la vie.
Notre avis : Tournant le dos à toute idée de biopic, la réalisatrice franco-iranienne Emily Atef choisit de concentrer son récit sur les trois jours d’un cure bretonne qu’effectua Romy Schneider en avril 1981 pour dresser le portrait sans filtre d’une femme écorchée vive.

A 42 ans, elle ressent le besoin impérieux de faire le point sur sa vie. Depuis son adolescence, elle enchaîne les films et n’a jamais connu l’insouciance de la jeunesse. L’Allemagne ne lui a jamais pardonné d’avoir choisi la France pour poursuivre une carrière cinématographique bien éloignée de l’atmosphère sirupeuse des Sissi qui lui collent à la peau. Elle est encore sous le choc du suicide du père de son fils tandis qu’elle vient de divorcer de Daniel Biasini, le père de sa fille. Elle a des rapports difficiles avec ses enfants, surtout avec David qui refuse de vivre avec elle. Elle traverse une crise existentielle, prise entre ses démons intérieurs et son envie de vivre mais ne se positionne jamais comme une victime. C’est cette fragilité-là que le journaliste Michaël Jürgs venu l’interviewer exploite sans vergogne jusqu’à lui faire avouer l’ampleur de son mal-être quotidien, sa lassitude à tenter de concilier vie privée et vie professionnelle, son combat quotidien contre une presse qui la traque sans relâche. Hilde, son amie d’enfance (incarnée avec une justesse émouvante par Birgit Minichmayr) apporte cette part d’équilibre qui manque tant à l’actrice éternellement tiraillée entre rires et larmes et la soutient du mieux qu’elle peut quand elle sombre.

Il faut dire qu’elle est attachante cette femme qui se dévêt de ses oripeaux de star pour accueillir à sa table avec la même familiarité un poète (Denis Lavant) qui l’appelle pourtant Madame Sissi ou un jeune garçon venu s’entretenir avec elle nous offrant par la même occasion la plus belle scène du film, qui révèle une Romy Schneider rayonnante et avide de croquer la vie. L’insatiabilité du journaliste à pousser l’actrice dans ses retranchements afin d’obtenir un article au goût de scandale fait patiner le scénario à mi-parcours. Fort heureusement l’intervention d’un quatuor composé de personnalités aux caractères affirmés et aux perspectives diversifiées lui permet de retrouver un semblant d’équilibre. Il n’empêche que l’on peut reconnaître à la jeune réalisatrice/scénariste le talent de restituer pleinement et sans excès la complexité d’un personnage touchant de grâce et de détresse. Ne se contentant pas de sa ressemblance physique troublante avec Romy Schneider, Marie Baümer adopte avec une précision étonnante ses gestes et expressions. Nul doute que son jeu délicat est pour beaucoup dans la réussite de ces instants savoureux de cinéma.

Désireuse de respecter l’effet brut et sensuel des photos de Robert Lebeck (ami et confident de Romy Schneider), initiatrices de ce projet, la réalisatrice entoure sa mise en scène d’une photographie en noir et blanc de toute beauté et renforce ainsi la sobriété de son œuvre. Si cette confession sidérante semble bien être le prélude à la fin tragique que l’on connaît, c’est dans un rayon de lumière que l’on quitte celle qui, au-delà de sa stature de star européenne, se définissait comme une femme malheureuse et alcoolique.

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AvoirAlire
Romy Schneider, le malentendu allemand
par Céline Rouden




Dans une interview accordée au magazine Stern en mars 1981 alors qu’elle est en cure à Quiberon, l’actrice, qui ne va pas bien, se met à nu et règle ses comptes avec l’Allemagne.
Dans 3 jours à Quiberon qui sort mercredi 13 juin, la réalisatrice Emily Atef a reconstitué, à partir des souvenirs du journaliste et des photos de Robert Lebeck, les circonstances de cette confession, dressant le portrait poignant d’une femme hantée par son passé.

Nous sommes en mars 1981. Romy Schneider est en cure de thalassothérapie à Quiberon. Une amie l’accompagne. Elle a 42 ans, vient de divorcer de son second mari Daniel Biasini, essaie de récupérer son fils David qui ne veut plus vivre avec elle et s’apprête à tourner son dernier film, La Passante du Sans-Souci. Un projet auquel elle tient beaucoup.
Elle traverse un moment difficile, ce n’est pas le premier. Par amitié pour le photographe allemand Robert Lebeck, dont elle est très proche, elle accepte de recevoir un des journalistes vedettes du magazine Stern – il en deviendra directeur – Michael Jürgs.
De cette entrevue, il ressortira une très belle série d’images en noir et blanc d’une Romy au naturel prise sur les rochers en face de l’hôtel et une interview choc publiée dans l’hebdomadaire allemand le 23 avril 1981, un an avant sa mort. Les premières nous sont familières, la seconde beaucoup moins.

Manipulation ou règlement de comptes ?
En Allemagne, elle fait scandale. Sous le titre « En ce moment, je suis complètement cassée », l’actrice s’y met à nu et répond avec une sincérité désarmante aux questions provocatrices du journaliste. Outre-Rhin, la presse et le public n’ont jamais été très tendres avec la star. Ils ont vécu comme une trahison, le départ de leur Sissi en France et s’intéressent davantage à ses frasques qu’à sa carrière d’actrice dans des films que d’ailleurs ils ne voient pas.
Le journaliste a-t-il abusé d’une femme fragilisée ou Romy Schneider a-t-elle voulu régler ses comptes avec un passé qui continuait de la hanter ?
Dans 3 jours à Quiberon, ce sont les circonstances de cette interview que la réalisatrice allemande Emily Atef a minutieusement reconstituées. « Un très court moment pour en dire long sur la femme qu’elle était, explique celle-ci. Je n’ai pas voulu en faire une victime. Cette interview, qu’elle a relue avant sa publication, c’est le besoin existentiel de dire aux Allemands : Je ne suis pas Sissi, je suis une femme malheureuse de 42 ans. »

L’entretien fait remonter à la surface des souvenirs douloureux : elle revient sur son passé d’enfant-star obligée de quitter l’école à 14 ans, du « Sissi-world » qu’elle subissait, de ses relations avec sa mère, Magda Schneider, compromise avec le régime nazi et qui contrôlait sa carrière, de son beau-père dilapidant sa fortune dans des investissements hasardeux. Et de ses difficultés à construire une vie en dehors du cinéma et de ce rôle originel.
« C’était aussi une femme libre qui a fui son pays par amour, aimait son métier, acceptait de poser dévêtue et a joué de nombreux rôles de victimes du nazisme, comme une forme d’expiation. Ce que les Allemands ne lui pardonnaient pas », poursuit la réalisatrice.

Le film aurait été impossible sans l’actrice capable d’interpréter le rôle. Ce sera Marie Bäumer, actrice allemande installée en France, dont la ressemblance troublante avec Romy Schneider est à l’origine du film. « J’avais toujours refusé de tourner dans un biopic. Je ne voulais pas être dans l’imitation. C’est mon ami le producteur Denis Poncet qui a eu l’idée de le centrer sur cette interview. Il ne s’agit pas de la faire renaître, c’est impossible, mais de raconter un voyage intérieur et ce moment où elle cherchait à revenir à la lumière. »

Emily Atef à qui le projet a été confié a rencontré tous les protagonistes et s’est plongée dans les quelque 600 clichés pris durant ces trois jours mis à sa disposition par Robert Lebeck pour être au plus près des faits. « Mais il y a ensuite ce que j’avais envie de raconter de cette femme. Réalité et fiction se mélangent. C’est du cinéma », assume la réalisatrice après les violentes critiques exprimées par la fille de l’actrice, Sarah Biasini, sur la supposée dépendance à l’alcool et aux médicaments évoquée dans le film. « Comme disait Picasso, poursuit-elle, l’art est un mensonge plus proche de la vérité que la vérité elle-même. »

Présenté en compétition officielle à Berlin, le film avait été boudé par le jury pourtant présidé par un Allemand avant de rafler sept récompenses aux Lolas (l’équivalent de nos César) dont celui de meilleur film, meilleure réalisatrice et meilleure actrice pour Marie Bäumer.
En France, où on a aimé passionnément Romy, il est difficile de ne pas être touché par ce film tourné en Bretagne dans un somptueux noir et blanc qui renvoie aux photographies de Robert Lebeck.
Emily Atef offre le portait bouleversant d’une femme complexe, oscillant en permanence entre rires et larmes. Malgré une reconstitution peut-être un peu (trop) léchée, ce huis clos contient de très belles scènes comme cette virée nocturne dans un bar de Quiberon et est porté par l’intensité du jeu de son actrice principale.

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La Croix
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