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First Man - le premier homme sur la Lune
USA | 2018| 2h21
Réalisation : Damien Chazelle
Avec : Ryan Gosling, Claire Foy, Jason Clarke
Version originale (anglais) sous-titrée en français
    .....
  • vendredi 16 novembre 21:50....
  • samedi 17 novembre 17:40....
  • dimanche 18 novembre 11:00....
  • mardi 20 novembre 18:35
  • Pour connaitre les accessibilités en fauteuil,
    cliquez sur le lien vers la grille horaire dans la colonne de gauche
    rubrique 'INFORMATIONS'
L’histoire fascinante de la mission de la NASA d’envoyer un homme sur la lune, centrée sur Neil Armstrong et les années 1961-1969. Inspiré du livre de James R. Hansen, le film explore les sacrifices et coûts – d’Armstrong et de la nation – d’une des plus dangereuses missions de l’Histoire.

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First Man - la critique du film
par Julien Dugois




L’exploration spatiale est aussi une affaire d’hommes, et chaque homme a en lui une part de fragilité. C’est cette dimension que réussit à explorer Damien Chazelle dans ce biopic d’une incroyable intelligence.

Notre avis : Du haut de ses 33 ans, Damien Chazelle est en passe de devenir une véritable institution à Hollywood. Même les spectateurs peu friands de comédies musicales qui avaient trouvé le succès de La La Land excessif ne sauraient passer à côté de son nouveau film qui semble destiner à connaître le même destin glorieux auprès de l’Académie des Oscars. Le biopic d’un héros américain, c’est une recette qui paie souvent le soir de la distribution des célèbres statuettes dorées, mais la thématique de la course à l’espace semblait depuis longtemps désuète. Le défi de consacrer un long-métrage à Neil Armstrong aurait donc risqué d’être reçu avec désaffection de la part de tout autre cinéaste que Chazelle. Et le fait qu’il ait redonné le rôle-titre à Ryan Gosling, à peine moins de deux ans après l’avoir fait dansé sur les autoroutes de Los Angeles, n’est pas pour rien dans cet accueil passionné.

Il faut dire que c’est toujours un plaisir de retrouver Ryan Gosling dans un tel rôle, celui d’un homme discret, qui semble mal dans sa peau et tourmenté, aux antipodes du musicien dansant de La La Land, mais aussi et surtout aux antipodes de la représentation que le cinéma américain nous avait fait de ses héros de l’aventure lunaire. On pense tout particulièrement à L’Etoffe des Héros (Philip Kaufman, 1983), dont les personnages étaient allègrement portés sur un piédestal. Tel qu’il apparaît ici, Neil Armstrong n’a rien du surhomme dont on s’attend qu’il réalise des exploits. Bien au contraire, ce brave père de famille taiseux a une certaine propension à nous emmener vers une certaine identification à son égard. Dès lors, on partage pleinement avec lui chacune des péripéties qu’il rencontre dans son intimité. Chazelle réussit à faire de la vie de famille de son personnage principal une charge émotionnelle bien plus importante que sa mission professionnelle, qui n’apparaît presque que comme un simple contexte.

En plus de sa relation tumultueuse avec sa femme (incarnée par une Claire Foy d’une remarquable justesse), auprès de qui il ne peut pas être aussi présent qu’il le voudrait, on apprend qu’Armstrong a connu, au sein de sa famille, un lourd traumatisme qui va le suivre jusque sur la Lune. Le parti pris de Chazelle de ne pas faire figurer les entraînements ni même le voyage final de l’astronaute comme des scènes spectaculaires mais en restant toujours fixé sur son regard ou, en guise de contre-champs, au plus près de ce qu’il voit, souvent via son casque ou des hublots, renforce plus encore cette sensation immersive. C’est ainsi que l’on partage davantage ses craintes que la fierté patriotique qui a longtemps été l’unique moteur de films similaires. L’autre audace du jeune franco-américain vient d’ailleurs d’avoir intégré dans le parcours d’Armstrong les nombreuses controverses qu’a pu susciter, aussi bien au sein de la NASA qu’à l’extérieur, la mission Apollo.

Les spectateurs étriqués qui associent le nom de Damien Chazelle au genre comédie musicale ne seront d’ailleurs pas en reste car il filme une manifestation dansante qui restera parmi les passages les plus marquants de son long-métrage. Si une scène devait rester inoubliable, ce serait assurément celle du décollage du vaisseau, dont la puissance nous scotche à notre fauteuil mais qui surtout nous fait ressentir les sentiments contradictoires, entre dignité et déchirement, ressenti par Armstrong. Tout le génie de Chazelle est dans cette aisance à déplacer les enjeux de cette histoire bien connue, et dont le suspense autour de la survie de l’équipage est automatiquement biaisé, vers l’intimité de son personnage principal. Le foyer de ce héros de l’Amérique s’avère être un lieu hautement cinégénique, et, à n’en pas douter, le fait que First Man ose s’y aventurer va être perçu, lui aussi, comme un grand pas pour l’Humanité.

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AvoirAlire
Pourquoi First Man est unique en son genre
par Mathilde Cesbron




Damien Chazelle fait redécoller Apollo 11 pour une odyssée hyperréaliste, dans la combi d'un Neil Armstrong déroutant. Une expérience sensorielle sidérante.

La caméra parcourt la tôle branlante de la capsule, s'attarde sur les boulons qui semblent prêts à lâcher et s'engouffre dans l'habitacle du vaisseau spatial, étroit comme un cercueil, où règne un silence mortifère perturbé par le souffle rauque de Neil Armstrong. L'engin qui a permis aux astronautes américains de repousser les limites de l'espace est une carlingue brinquebalante, presque artisanale, sans gadgets high-tech. Lorsque les réacteurs se mettent en marche et que le feu propulse la tôle en dehors de l'orbite de la Terre, les astronautes sont secoués de manière insoutenable, le bruit est assourdissant, le visage de Ryan Gosling (Neil Armstrong) se crispe. Dire que durant le décollage le cœur de l'astronaute a « seulement » atteint 110 pulsations par minute, alors que le nôtre est sur le point d'exploser…

Avec First Man, Damien Chazelle, réalisateur prodige, Franco-Américain de 33 ans, s'envole à des années-lumière de sa comédie musicale douce-amère, la multiprimée La La Land (oscar du meilleur réalisateur), et de Whiplash, son ode au jazz. Loin aussi des précédents films du genre, des cow-boys de l'espace gonflés de bravoure de L'étoffe des héros (1983) et des thrillers catastrophes fantasmagoriques (Apollo 13 en 1995, Gravity en 2013). First Man remet les pieds sur Terre en racontant la fragilité de la mission Apollo 11 et des « Gemini », les vols préparatoires qui ont permis à Neil Armstrong et Buzz Aldrin de fouler le sol de la Lune, le 21 juillet 1969, avec pour témoins quelque 600 millions de Terriens. « La Lune est presque devenue une épopée mythologique, explique Damien Chazelle, ravi de pouvoir s'exprimer en français, la langue de son père. Quand on apprend cette histoire, enfant, à travers des images iconiques, il est facile d'oublier que ces hommes n'étaient pas des dieux, que c'était avant l'ère des ordinateurs et que c'était dangereux. C'était une aventure terriblement humaine, mais avec un but cosmique, presque de science-fiction. »

Pour Neil Armstrong, Apollo 11, avant d'être une réussite, fut jalonnée de tragédies, de sacrifices et de souffrances : le décès de ses coéquipiers et amis Elliott See et Charlie Bassett dans un accident d'avion, juste avant Gemini 8, en 1966, celui de Gus Grissom, Roger Chaffee et Ed White lors d'un entraînement à terre, à bord du vaisseau Apollo 1, dont le cockpit avait pris feu. A l'époque, Armstrong est considéré comme un chevalier de l'espace dont le mutisme et le mystère fascinent autant qu'ils agacent. Pour Norman Mailer, prix Pulitzer et auteur du roman journalistique Bivouac sur la Lune (1970), il est un orateur « mou », un être « extraordinairement isolé » mais de façon presque mystique, « le plus saint des astronautes ».

Chez Chazelle, il est aussi ce monolithe froid et solennel qui, pour oublier la douleur d'avoir perdu sa fille de 2 ans et ses amis, se jette tête baissée dans sa mission, quitte à se couper de ses proches. « C'est mon hypothèse, justifie le réalisateur, qui s'est inspiré de la biographie officielle de Neil Armstrong, First Man : le premier homme sur la Lune, de James R. Hansen (Michel Lafon). Ce n'est pas simple de percer la personnalité de Neil. C'était un ingénieur, un mathématicien. Il vivait dans sa bulle et il avait un talent qui était de savoir considérer n'importe quelle situation, même celles de vie ou de mort, comme des problèmes de mathématiques. »

Le scénario sombre de First Man est contrebalancé par de grandes séquences spatiales qui traduisent le fameux sense of wonder, un sentiment de merveilleux que l'on ressent devant les grandes odyssées cinématographiques. Lorsque l'Eagle (la capsule qui a servi à alunir) touche au but, Chazelle glisse sa caméra sous le casque d'Armstrong. « Je voulais que le spectateur voie ce que Neil a vu, entende ce qu'il a entendu, que ce soit un film presque de réalité virtuelle », précise le réalisateur. L'équipe a ainsi pu enregistrer de très près le son de la « Falcon Heavy » au décollage, la fusée la plus puissante du monde, lancée en février 2018 par SpaceX, et s'en servir dans le film à chaque envol. Les décors naturels ont été préférés aux effets spéciaux sur fond vert. Les navettes ont été reconstruites avec l'aide d'experts de la Nasa et placées sur simulateurs pour feindre les secousses. Même la surface de la Lune a été reconstituée dans une carrière, près d'Atlanta, et la scène de l'alunissage tournée en pleine nuit avec un immense projecteur à leds en guise de Soleil.

Manque de patriotisme Pour l'amour du détail, Ryan Gosling porte un authentique équipement des années 1960 et revêt même le casque de John Young (Apollo 16,1972) - la respiration cosmique de l'acteur est ainsi la plus réaliste possible. Il rejoue bien sûr à l'identique la célèbre déclaration d'Armstrong - « Un petit pas pour l'homme, mais un bond de géant pour l'humanité » - mais ne plante pas le drapeau américain sur le satellite fraîchement conquis. Un faux pas qui a eu vite fait de déclencher une polémique, Chazelle se voyant reprocher son manque de patriotisme. « J'ai été surpris parce que ma décision n'avait rien de politique. J'ai choisi dans ce film de raconter la partie la moins connue de l'épopée. Quand Armstrong est sur la Lune, j'ai préféré m'attarder sur le moment où il explore un cratère à l'improviste avant de remonter dans la navette plutôt que sur le planter de drapeau que tout le monde a déjà vu. »

First Man est une opération immersive dans la tête et la combinaison de Neil Armstrong, mais aussi une plongée dans le tourbillon des Sixties. Damien Chazelle prend soin de retranscrire l'ambiance de la fin de la décennie, particulièrement houleuse pour les Etats-Unis. En 1968, le Vietcong lance l'offensive du Têt et le monde est informé du massacre de My Lai. Le traumatisme des assassinats de Kennedy et de Martin Luther King est encore palpable. Même si les astronautes d'Apollo 11 sont adulés, pour beaucoup de citoyens, dépenser des milliards dans cette opération lunaire semble être une erreur de priorité. Pour retranscrire ce climat, le réalisateur a visionné une multitude de documentaires sur les années 1960. Il s'est inspiré du cinéma-vérité, en particulier des films de Jean Rouch (Chronique d'un été) et de Frederick Wiseman, qui se sont attachés à montrer la réalité de la vie quotidienne de l'époque.

"J'ai cet amour du vieux"
Il s'est aussi nourri du documentaire For All Mankind (1989), d'Al Reinert, qui retrace les vols spatiaux à travers les récits des astronautes, ainsi que d'images d'archives de la Nasa. « Les films tournés par les astronautes eux-mêmes sont à la fois magnifiques, poétiques, très bruts et un peu tristes. Je voulais retrouver cet esprit, explique Chazelle, dont les films ont tous un côté vintage. J'ai grandi en écoutant du jazz, en regardant de vieux films. J'ai cet amour du vieux à l'intérieur de moi. Je suis davantage tourné vers l'ancien monde, car c'est une époque où les événements, les personnes avaient encore un peu de mystère. » Une époque où un homme tel qu'Armstrong pouvait accepter une mission d'alunissage à laquelle il n'accordait que 50% chance de succès. L'astronaute confiera son soulagement après avoir atterri sur la lune dans une déclaration qui résume le coup de poker de cette épopée. « J'étais enchanté, en extase et extrêmement surpris que nous ayons réussi. ».

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Point
5 salles classées
Art & Essai
Europa Cinéma
Label Recherche
Label Découverte

p.ortega@cinemaleclub.com


Tarifs
Tarif normal: 7,80 €
Tarif réduit: 6,80 €
Abonnement 6 places : 6€ / 12 places : 5,25€
Tarif - 14ans : 4,50€